Qualité, politiques réglementaires, innocuité : répondre à un besoin collectif en matière de conformité

By Innomar Strategies

La liste des activités réglementaires exigées des entreprises pharmaceutiques pour mettre et garder un traitement sur le marché est longue et est en évolution constante à mesure que le paysage réglementaire canadien change. Santé Canada émet et applique des règlements afin de garantir l’innocuité et la qualité des produits avant et après leur mise en marché.  Les règlements, les politiques et les lignes directrices définissent les exigences en matière de surveillance pour les détenteurs d’une autorisation de mise en marché (DAMM) qui doivent être satisfaites pendant le cycle de vie complet du produit.1

Les DAMM peuvent être confrontés à des difficultés lorsque vient le temps de déterminer quand et comment répondre aux diverses exigences en matière de surveillance, de comprendre les subtilités des changements réglementaires ainsi que les interactions entre les différents aspects de la surveillance du cycle de vie du produit.  

Comprendre les nuances dans l’ensemble du contexte réglementaire

À mesure que le paysage réglementaire des autorités sanitaires évolue, les DAMM doivent se référer aux documents d’orientation pour répondre aux exigences réglementaires. D’après notre expérience, le furetage à travers les détails complexes, y compris les délais, d’un règlement afin de le respecter peut nécessiter des connaissances spécialisées pour garantir la conformité.

C’est là qu’un partenariat avec un fournisseur externe combinant une expertise pratique en matière de politiques réglementaires, de qualité et de pharmacovigilance à une expérience concrète de la commercialisation peut offrir des avantages et des gains d’efficacité importants.

L’un des domaines d’intérêt émergents sur de nombreux marchés, dont le Canada, est la gestion et l’utilisation de données générées à partir de programmes de soutien aux patients2. Ces programmes génèrent des données en situation réelle qui peuvent être utiles dans les dépôts réglementaires, tels que les demandes d’examen prioritaire. L’accès à ces données, ainsi qu’à des partenaires réglementaires qui savent comment tirer le meilleur parti de leur valeur, peut renforcer les dépôts auprès de Santé Canada et aider les principaux intervenants, tels que les prescripteurs et les évaluateurs des technologies de la santé, à comprendre la valeur d’un nouveau traitement. 

Répondre aux exigences uniques de Santé Canada 


Il existe un certain nombre d’activités réglementaires ayant des exigences uniques au Canada. Le recours à des experts qui peuvent analyser ces activités peut grandement contribuer à l’approbation des produits et à leur maintien sur le marché. 

Il existe au Canada une exigence de représentation par un « agent local », que ce soit pour (a) la certification de la présentation d’un dossier réglementaire en vue d’un dépôt, (b) agir à titre de personne-ressource pour l’information médicale, ou (c) agir à titre d’importateur officiel3.  Il n’est pas rare de voir des équipes de réglementation internes au sein d’entreprises pharmaceutiques d’envergure mondiale dans l’Union européenne ou aux États-Unis, alors que celles au Canada n’ont pas d’équipe ou de fonction équivalente. Le fait d’avoir un partenaire local de confiance en sous-traitance possédant une expertise et offrant des services dans de nombreux domaines pour représenter l’entreprise au Canada peut être un moyen efficace de surmonter ces obstacles.

Santé Canada exige qu’une entreprise obtienne une licence d’établissement pour les produits pharmaceutiques pour être autorisée à vendre un médicament ou un instrument médical. Par exemple, une licence d’établissement pour les produits pharmaceutiques (LEPP)4 doit être détenue par tous les sites physiques canadiens dont les activités comprennent, entre autres, la fabrication, l’emballage, l’étiquetage ou l’analyse de médicaments ou d’ingrédients pharmaceutiques actifs. Lorsque ces activités sont menées dans un établissement étranger, l’importateur canadien doit s’assurer que chaque site est répertorié sur sa LEPP. Pour ce faire, il doit soumettre à Santé Canada des preuves de conformité aux BPF (bonnes pratiques de fabrication) spécifiques à chaque établissement étranger5. Ces preuves comprennent un rapport d’inspection ou un certificat de conformité (CdC) auprès d’un pays membre du Pharmaceutical Inspection Co-operation Scheme (PIC/S) datant de moins de trois ans et propre à la forme pharmaceutique et à l’activité menée6.  Toutefois, des difficultés peuvent survenir si les rapports d’inspection datent de plus de trois ans ou concernent une forme pharmaceutique ou une activité différente. Par exemple, un rapport d’inspection concernant une administration sous forme de comprimés oraux ne serait pas pertinent pour étayer l’ajout d’un produit injectable stérile.
 
Pour les pays ayant conclu un Accord de reconnaissance mutuelle (ARM) avec le Canada, les DAMM peuvent présenter un CdC plutôt que de soumettre un rapport d’inspection à un pays membre du PIC/S7 . Les mêmes exigences en matière de validité du rapport d’inspection, de l’activité et de la forme pharmaceutique demeurent applicables. Dans de tels cas, Santé Canada demandera le CdC directement à l’agence réglementaire qui a effectué l’inspection des BPF8.


Une autre exigence propre au Canada est la nécessité d’avoir de l’information médicale disponible à la fois en anglais et en français québécois, ainsi qu’une personne-ressource située dans le pays. Celle-ci diffère de l’exigence européenne d’avoir une personne compétente en matière de pharmacovigilance (QPPV) ou une personne locale pour la pharmacovigilance (LPPV). Cela peut donc forcer les entreprises ayant des activités établies en Europe à adapter leurs processus afin de répondre aux exigences canadiennes. Au Canada, tout effet indésirable doit être signalé à un centre de déclaration d’information médicale établi au Canada. En outre, les renseignements pertinents doivent être transmis à Santé Canada dans un délai précis2.
 
En outre, Santé Canada a des exigences spécifiques en matière d’activités de pharmacovigilance, y compris les signalements de risques à l’étranger. Afin de répondre à ces exigences, les DAMM doivent se tenir au courant des activités réglementaires et d’innocuité à l’échelle mondiale et signaler à Santé Canada tout problème de fabrication, tout changement réglementaire ou toute mise à jour de l’étiquetage ayant une incidence sur son produit dans le monde entier.

D’après notre expérience, les inspections menées par Santé Canada sont de plus en plus rigoureuses ces dernières années, ce qui pose des défis aux entreprises pharmaceutiques qui s’efforcent de respecter les normes de conformité.    Les constatations d’inspection peuvent pousser les entreprises à trouver la meilleure façon de combler les lacunes relevées. L’élaboration et la mise en œuvre d’un plan de rétablissement ou de mesures correctives solides sont essentielles pour résoudre ces problèmes efficacement. L’accès à une expertise et à un soutien appropriés peut faire toute la différence.

D’après notre expérience, lorsque les DAMM obtiennent une note de non-conformité, ils peuvent être tenus de faire appel à un conseiller local en tant que gestionnaire et superviseur intérimaire des activités d’assurance de la qualité afin de les accompagner à travers le processus de rétablissement. L’élaboration d’un plan de rétablissement efficace et exhaustif afin de traiter les constatations d’inspection critiques est essentielle pour garantir la conformité et atténuer les risques, tels que les rappels de produits, la résiliation d’une autorisation de mise en marché ou l’annulation d’une LEPP. En bénéficiant d’une expertise et de conseils locaux appropriés, les entreprises pharmaceutiques peuvent souvent surmonter ces défis et protéger leurs activités. 

Dans ces situations, les entreprises pharmaceutiques qui font appel à des consultants externes ou qui remplacent leur conseiller en qualité doivent le signaler à Santé Canada. Il s’agit d’une considération importante, car les inspectorats de Santé Canada établissent souvent des relations de confiance avec les conseillers locaux au fil du temps.

Transcender les activités


La sous-traitance peut souvent être fragmentée, séparant les fonctions réglementaires, d’innocuité et de qualité, ce qui peut créer des sources d’inefficacité opérationnelles. Le regroupement de ces services en sous-traitance sous une même enseigne favorise des interactions directes et harmonieuses entre les équipes, éliminant le besoin de coordination entre différents processus et organismes. Un autre avantage d’avoir recours à un seul partenaire de sous-traitance possédant des connaissances sur le cycle de vie complet du produit est la capacité de résoudre rapidement les problèmes entre les fonctions liées aux politiques réglementaires, à l’innocuité et à la qualité.

Les problèmes sont inévitables. Lorsque des difficultés surviennent, une expertise interfonctionnelle externalisée permet aux entreprises d’obtenir une aide immédiate et des ressources supplémentaires. Par exemple, si le responsable de la qualité dans une entreprise devient malade ou démissionne subitement, un partenaire en sous-traitance ayant à sa disposition des professionnels de l’assurance de la qualité peut assumer temporairement les fonctions nécessaires pour assurer la continuité des opérations et fournir une assistance en matière de conformité jusqu’à ce qu’une solution permanente soit trouvée.

Comme les entreprises pharmaceutiques doivent constamment réduire leurs dépenses opérationnelles, l’importance des partenaires en sous-traitance qui fournissent un soutien complet tout au long du cycle de vie du produit est évidente. En tirant parti de l’expertise des partenaires en sous-traitance, les entreprises peuvent réduire considérablement les frais généraux fixes associés au maintien d’équipes internes à temps plein. Cette stratégie offre non seulement la flexibilité nécessaire pour adapter les ressources en fonction des variations de la demande, mais elle permet aussi de bénéficier de connaissances spécialisées et d’améliorer l’efficacité opérationnelle.

 

 

 
 

À propos des auteurs

Ruth Moses

Ruth Moses est vice-présidente de la qualité, des politiques réglementaires et de l’innocuité chez Innomar Strategies. Elle dirige une équipe diversifiée chargée de l’assurance de la qualité, des affaires réglementaires, de la pharmacovigilance et de l’information médicale. Elle possède plus de 30 ans d’expérience dans l’industrie pharmaceutique.

Larry Hough

Larry Hough est directeur principal de la pharmacovigilance et de l’information médicale chez Innomar Strategies. Il possède plus de 30 ans d’expérience dans les communications médicales et la pharmacovigilance au sein de l’industrie pharmaceutique et de la consultation en soins de santé.

Brian Randall

Brian Randall est directeur principal de l’assurance de la qualité chez Innomar Strategies. Brian a près de 30 ans d’expérience, dont dix ans dans l’assurance de la qualité pharmaceutique et près de 20 ans à titre de conseiller en AQ.

Mary Speagle

Mary Speagle est directrice principale des affaires réglementaires chez Innomar Strategies, où elle dirige une équipe de consultants spécialisés dans les politiques réglementaires nord-américaines. Elle possède plus de 25 ans d’expérience à titre de conseillère pour un large éventail de produits, y compris les médicaments, les instruments médicaux et les produits cosmétiques.
1 Veiller à la sécurité des produits de santé au Canada, Santé Canada. https://www.canada.ca/fr/sante-canada/services/medicaments-produits-sante/medeffet-canada/veiller-securite-produits-sante-canada.html

Questions-réponses : Le règlement sur l’étiquetage en langage clair pour les médicaments sur ordonnance — document, Santé Canada. https://www.canada.ca/fr/sante-canada/services/medicaments-produits-sante/medicaments/demandes-presentations/lignes-directrices/questions-reponses-reglement-etiquetage-langage-clair-2019/document.html#s4

2 Wills A, Mitha A, Cheung WY. Data collection within patient support programs in Canada and implications for real-world evidence generation: the authors' perspective. J Pharm Pharm Sci. 13 octobre 2023 https://www.frontierspartnerships.org/journals/journal-of-pharmacy-pharmaceutical-sciences/articles/10.3389/jpps.2023.11877/full. [en anglais seulement]

3 Section C.08.005.1 du Règlement sur les aliments et drogues, Santé Canada. https://laws-lois.justice.gc.ca/fra/reglements/C.R.C.%2C_ch._870/section-c.08.005.1.html

4 Licences d’établissement de produits pharmaceutiques, Santé Canada. https://www.canada.ca/fr/sante-canada/services/medicaments-produits-sante/conformite-application-loi/licences-etablissement/drogues-licences-etablissement.html

5 Politique d’application de la loi pour les bonnes pratiques de fabrication (BPF) des médicaments et les licences d’établissement de produits pharmaceutiques (LEPP) (POL-0004), Santé Canada. https://www.canada.ca/fr/sante-canada/services/medicaments-produits-sante/conformite-application-loi/licences-etablissement/directives-documents-orientation-politiques/directive-bonnes-pratiques-fabrication-medicaments-licences-etablissement-0004.html

6 POL-0011 : Politique d’inspection des bonnes pratiques de fabrication pour les établissements de drogues, Santé Canada. https://www.canada.ca/fr/sante-canada/services/medicaments-produits-sante/conformite-application-loi/bonnes-pratiques-fabrication/politiques-normes/politique-inspection-etablissements-canadiens-drogues.html

7 Présentation de Santé Canada sur le Health Canada Mutual Recognition Agreement (MRA) Programme. https://www.afdo.org/wp-content/uploads/2020/08/1330-1530_IGR-Committee_Kimby-Barton.pdf [en anglais seulement]
  
8 Le Guide d’évaluation d’un Accord de reconnaissance mutuelle pour des programmes de conformité aux bonnes pratiques de fabrication, Santé Canada. https://www.canada.ca/fr/sante-canada/services/medicaments-produits-sante/conformite-application-loi/international/accords-reconnaissance-mutuelle/guide-evaluation-programmes-conformite-bonnes-pratiques-fabrication.html
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